languageالعربية

Les sélectionneurs et le banc éjectable du Mondial 2026

À deux matches de la fin de la Coupe du monde 2026, en l'occurrence le match pour la troisième place et la finale, l'heure est déjà aux premiers bilans.

Cette édition, la première de l'histoire à réunir 48 sélections, a été, logiquement, marquée par un important mouvement sur les bancs de touche.

En l'espace de quelques semaines, entre le 11 juin et le 16 juillet, 16 des 48 sélectionneurs ayant débuté le tournoi, ont déjà quitté leurs fonctions, à la suite d'une démission, d'un limogeage ou tout simplement de l'expiration de leur contrat.

Sabri Lamouchi... Il fallait bien un premier

Arrivé sur le banc de la Tunisie, afin de redresser la barre après les performances médiocres des Aigles de Carthage, lors de la Coupe arabe de la FIFA et de la Coupe d'Afrique des nations, Sabri Lamouchi est le premier sélectionneur à avoir payé le prix fort des résultats de son équipe et de ses choix tactiques.

Quelques jours après la claque reçue en amical face à la Belgique (0-5), la Tunisie a été sévèrement battue par la Suède (1-5), pourtant loin d'être un foudre de guerre. Une défaite qui a immédiatement coûté son poste au technicien franco-tunisien.

En le limogeant, la Tunisie est devenue la première sélection de l'histoire de la Coupe du monde à se séparer de son sélectionneur, dès le premier match d'une phase finale.

Pape Thiaw suivra

Vainqueur de la dernière Coupe d'Afrique des nations avec les Lions de la Teranga, Pape Thiaw a, à son tour, été limogé après l'élimination cruelle du Sénégal en seizièmes de finale, face à la Belgique (2-3).

L'ancien international faisait déjà l'objet de nombreuses critiques après un premier tour décevant, conclu par une qualification à l'arraché, grâce à un carton contre l'Irak (5-0).

Jamal Sellami, Hugo Broos et Sébastien Migné... départ à l'amiable

Après deux années de bons et loyaux services, au cours desquelles il a qualifié la Jordanie à une phase finale de Coupe du monde, pour la première fois de son histoire, le Marocain Jamal Sellami a quitté le banc d'Al-Nashama d'un commun accord avec sa fédération, après un bilan jugé décevant de trois défaites en autant de matches.

De son côté, Hugo Broos, qui est parvenu à qualifier l'Afrique du Sud pour les seizièmes de finale, a annoncé, après l'élimination face au Canada, qu'il n'entraînerait plus les Bafana Bafana, tout en restant ouvert à un rôle de conseiller ou de recruteur au sein de la Fédération sud-africaine de football.

Même scénario pour Sébastien Migné. Le sélectionneur d'Haïti a quitté son poste d'un commun accord avec la fédération, avant d'être nommé à la tête de la sélection gabonaise.

Didier Deschamps : un départ programmé

Le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, avait, lui, annoncé dès janvier 2025 qu'il quitterait ses fonctions à l'issue de la Coupe du monde 2026, quel qu'en soit le résultat.

En affrontant l'Angleterre, demain samedi, pour la troisième place du Mondial, Deschamps portera à 27 son propre record de matches dirigés en phase finale de Coupe du monde, dont 20 victoires.

Il mettra ainsi un terme à quatorze années de collaboration avec la Fédération française de football, période durant laquelle il a remporté la Coupe du monde 2018, atteint la finale en 2022, remporté la Ligue des nations 2021 et conduit les Bleus jusqu'en finale de l'Euro 2016.

Son successeur sera Zinedine Zidane, champion du monde 1998 avec les Bleus et triple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid.

D'autres sélectionneurs, comme Javier Aguirre (Mexique) et Roberto Martínez (Portugal), ont, également, annoncé leur départ après le début de la compétition. Le premier sera remplacé par son actuel adjoint et ancien capitaine de la sélection, Rafael Márquez, tandis que le second cédera sa place à Jorge Jesus.

Contrats expirés... avenir en suspens

Cette catégorie regroupe les sélectionneurs dont le contrat arrivait à échéance, à l'issue de la Coupe du monde 2026 ou à la fin de l'année. Certains départs étaient programmés contractuellement et ne sont donc pas liés aux résultats sportifs, tandis que d'autres pourraient finalement prolonger leur aventure.

Cette liste comprend notamment Rudi Garcia (Belgique), Thomas Christiansen (Panama), Tony Popovic (Australie), Fabio Cannavaro (Ouzbékistan) et Lionel Scaloni (Argentine).

Si l'avenir de Rudi Garcia demeure incertain, Lionel Scaloni devrait, à moins d’un retournement de situation, rester à la tête de l'Albiceleste. Le technicien argentin aurait trouvé un accord verbal avec sa fédération pour prolonger son bail jusqu'en 2031. Une deuxième finale mondiale consécutive, après le sacre de 2022, ne fait que renforcer sa position.

Partis avant qu'on ne leur indique la sortie

Sur les seize sélectionneurs ayant quitté leurs fonctions après le Mondial, neuf ont préféré partir de leur propre initiative, sans attendre la sentence.

Il s'agit de Julian Nagelsmann (Allemagne), Ronald Koeman (Pays-Bas), Marcelo Bielsa (Uruguay), Hong Myung-bo (Corée du Sud), Steve Clarke (Écosse), Sebastián Beccacece (Équateur), Miroslav Koubek (République tchèque), Carlos Queiroz (Ghana) et Zlatko Dalić (Croatie).

Cas particulier : Hervé Renard

Hervé Renard constitue un cas à part. Le technicien français a pris le train en marche, après le limogeage de Sabri Lamouchi et a dirigé les deuxième et troisième rencontres de la Tunisie face au Japon (0-4) et aux Pays-Bas (1-3).

Dans un premier temps, il s'était montré ouvert à une collaboration à long terme avec la Fédération tunisienne de football, dont il a, en fin de compte, décliné l'offre.

Au regard du climat de confusion et de l'amateurisme qui ont entouré la gestion de la fédération, ces derniers mois, difficile de reprocher à Hervé Renard d'avoir changé d'avis.

Sélectionneurs… parfaits bouc-émissaires

48 au départ, 32 seulement à l'arrivée, un chiffre inédit dans l'histoire de la Coupe du monde, qui s'explique, en partie, par le passage à 48 équipes, mais aussi par une exigence de résultats toujours plus forte de la part des fédérations et du public sportif.

Cela confirme une tendance du football moderne ; en cas d'échec, les entraîneurs et les sélectionneurs sont les premiers à payer les frais.

Medhat Guerbouj